Aller à Londres en Eurostar et revenir à Paris en OUIBUS : notre avis

par Florian Brun, le 2 septembre 2016 | 13 commentaires

Florian est Data Scientist chez Captain Train.
Photo of us in front of our coach

De gauche à droite : Benoit, Florian, Cédric et le OUIBUS.

Il y a quelques semaines, Benoît, Cédric, et moi avons pris l’Eurostar pour passer la journée chez nos amis de Trainline, à Londres. Nous en avons profité pour tester, au retour, l’une des lignes d’autocar les plus vendues sur Captain Train, à savoir le Londres – Paris en OUIBUS. Filiale de la SNCF, OUIBUS (anciennement iDBUS) permet à monsieur et madame Tout-le-monde de relier des villes d’Europe en autocar moyennant quelques euros. La particularité de notre trajet Londres – Paris étant que l’autocar traverse à la fois les frontières de l’espace Schengen et la mer. Sérieusement, vous en connaissez beaucoup, vous, des bus qui passent en partie sous la mer ? Moi je n’en connais que deux : le OUIBUS, et le Bus Magique.

Trajet aller : de Paris vers Londres en Eurostar

Passer les contrôles douaniers

Contrairement à la plupart des trains pour lesquels nous vendons des billets, la présence en gare des voyageurs qui souhaitent prendre l’Eurostar est requise 30 minutes avant le départ. Nous nous présentons donc avec une certaine avance aux portiques automatiques de la gare du Nord pour embarquer. Première satisfaction : l’application mobile Captain Train fonctionne aussi bien que le billet imprimé, voire mieux, lorsqu’il s’agit de scanner notre billet pour passer les premiers portiques. Nous traversons ensuite différents couloirs pour présenter deux fois notre carte d’identité, et faire examiner nos bagages aux rayons X. Nous découvrons qu’il est interdit de téléphoner à la douane quand Benoît se fait gentiment vilipender pour avoir utilisé son mobile. Les plus romantiques d’entre nous regretteront l’époque où l’on pouvait sauter dans un train au dernier moment pour partir à l’aventure. Embarquement, contrôles, boutiques qui laissent penser au Duty Free : la traversée de la manche tient parfois plus de l’aérien que du ferroviaire. Ces désagréments sont toutefois dus aux législations en vigueur et non aux transporteurs, qui subissent la chose au même titre que les voyageurs.

À bord d’Eurostar

Nous arrivons enfin dans l’Eurostar. Cette fois, nous tombons sur des rames un peu vétustes, dont les sièges sont toutefois confortables. Nous n’avons pas réservé nos billets en même temps, et n’avons donc pas obtenu de places côtes à côtes. La voiture étant cependant à moitié vide, nous n’éprouvons pas de difficultés à nous asseoir ensemble. Nous en profitons ensuite pour évaluer tous les services proposés par Eurostar, dans le but de les comparer avec ceux du OUIBUS du retour : le wifi est intermittent, mais les zones où il est disponible sont clairement précisées. La rame est calme, beaucoup de gens se reposent, ou travaillent. Les toilettes sont propres, et leur décor d’un futur imaginé dans le passé donne un certain cachet. Petit tour ensuite au wagon bar : 3 € le croissant, 4,30 € le double café (qui remplit à peine la moitié du gobelet), c’est plutôt onéreux. À ce prix, on pourrait espérer qu’il ait été torréfié au Costa Rica, mais il se révèle juste convenable : « C’est pas non plus le meilleur café, quoi. », déclare Benoît, prenant son rôle de goûteur très à cœur.

Arrivée à Londres

Au bout de 2 h 40 de trajet, l’Eurostar arrive à la gare de Londres Saint-Pancras, en plein centre de la capitale anglaise, ce qui donne au train un net avantage sur l’avion, les aéroports Londoniens étant plus excentrés. Captain Train : 1 – Louis Blériot : 0. Finalement, il n’y a pas grand-chose à raconter sur cet aller : l’Eurostar c’est rapide, c’est clair, c’est plutôt pratique. Mais ce n’est pas donné : 161 € pour un aller acheté quelques jours auparavant. Dans notre cas, nous sommes arrivés avec 10 minutes de retard, juste à temps pour se faire tremper par une averse fulgurante dont seuls les Anglais ont le secret. S’en suivit une journée enrichissante dans les locaux couleur menthe à l’eau de Trainline, puis une soirée avec balade au bord de la Tamise en direction de Victoria Coach Station, où nous avons pris l’autocar en direction des locaux parisiens de Captain Train !

Trajet retour : de Londres vers Paris en OUIBUS

Picture of a OUIBUS as seen from a OUIBUS

Le OUIBUS pris en photo depuis le OUIBUS. Astucieux, non ?

Aller à la gare routière

Là encore, il est demandé d’arriver 30 minutes avant le départ, c’est-à-dire dans notre cas à 23 heures, bien après le départ du dernier Eurostar de la journée (qui est aux environs de 20 heures). La file d’attente est impressionnante. À peine rempli lorsque nous avions choisi nos places — et acheté nos billets pour 19 € chacun — le car est désormais presque complet, et les dernières places se sont écoulées à plus de 70 €. Cela ne fait pas nos affaires, puisque Cédric, qui descend à Lille (et qui par conséquent n’effectue pas le trajet en entier), n’a pas eu le droit de modifier sa place sur le site de OUIBUS. Sa place attitrée est à l’étage d’en dessous. Par chance, la seule place encore libre du bus se trouve être à côté de Benoît et moi. Cédric a ainsi pu nous rejoindre.

Monter à bord de l’autocar

Youssef, le Capitaine du OUIBUS, contrôle les billets à l’entrée. Seule la carte d’identité est requise. Il est toutefois préférable d’avoir son Carnet de Voyage reçu par mail à portée de main afin de pouvoir connaître son numéro de place. Nous sommes invités à entrer dans le OUIBUS. Si comme moi la dernière fois que vous aviez pris le car, c’était en classe de CM2 pour aller au zoo d’Amnéville, vous allez vite être dépaysés. Ici, personne pour chanter à tue-tête : « Chauffeur, si t’es champion, appuie sur le champignon » (ni même sa version anglaise : « Driver, if you are a champion, push hard on the mushroom ») mais des passagers sages qui chuchotent ; point de sièges cassés, mais un intérieur flambant neuf avec des aménagements du plus bel effet : sièges inclinables, déplaçables latéralement (ce qui s’avère particulièrement utile aux personnes ayant un certain embonpoint), climatisation, lumière, tablette abaissable, porte-bouteille… Nous montons dans un OUIBUS rutilant, le sourire aux lèvres… La seule chose qui n’a pas changé depuis les voyages en car de l’école primaire, c’est la maîtresse (ici interprétée par notre Capitaine, Youssef) qui compte les ouailles avant chaque départ et qui rappelle qu’il est interdit de manger dans le bus. Et c’est un peu dommage d’interdire les collations quand on est parti pour neuf heures de voyage. Heureusement, la bouteille d’eau est quant à elle autorisée (elle est même conseillée). L’aspect positif c’est que cela évite de se ruiner au wagon bar… Quand on y réfléchit, nous avons presque laissé autant d’argent au wagon-bar de l’Eurostar pour des cafés que chez OUIBUS pour nos billets.

Passer sous la Manche

Quelques minutes plus tard, nous voilà partis pour Folkestone, où se trouve l’entrée du Tunnel sous la Manche. Nous y arrivons à 01 h 25. Nous sommes « invités » à descendre du bus, nous passons à la douane (où Benoît a bien pris le réflexe de ne pas téléphoner), et nos passeports (ou cartes d’identité) sont contrôlés. Nous remontons dans l’autocar une quinzaine de minutes plus tard. Le bus va rester immobile pendant presque deux heures sur un parking éclairé par des lampadaires trop lumineux à notre goût. Excités par l’idée de traverser la manche, nous n’arrivons pas vraiment à trouver le sommeil. À 3 h 34, la magie opère, le OUIBUS rentre dans un wagon.
Picture of the OUIBUS about to get in the train

À droite, le wagon réservé au OUIBUS.

Un autocar dans un wagon

S’en suit une coupure du moteur du OUIBUS, et par conséquent de la climatisation. Le calvaire commence. Il fait chaud, très chaud à l’intérieur du Shuttle (navette EuroTunnel), et il devient difficile de dormir. Rien ne bouge pendant de longues minutes, puis à un moment donné, le car se met à tanguer latéralement : on comprend que le wagon avance enfin. À 4 h 28, nous réalisons deux choses : tout d’abord, que le bus redémarre et que nous sommes en train de sortir de cette fournaise qu’est le Shuttle. Ensuite, qu’il est en fait 5 h 28 heure française, et que par conséquent, cela nous fait encore une heure de sommeil en moins. La clim’, comme disent les jeunes pour parler de l’air conditionné, est de nouveau en marche. Je recommence ce que j’ai fait durant au moins quatre heures cette nuit là : j’enchaîne des périodes de siestes entrecoupées par quelques discussions avec Benoît, qui n’arrive pas à fermer l’œil, incommodé par un homme dont les ronflements sont assez peu discrets. À 6 h 49, le bus n’avançant pas assez vite, il est décidé de lâcher du lest à Lille : Cédric va en profiter pour se reposer chez lui avant d’attaquer une journée de télétravail, accompagné d’une petite moitié du bus qui finit son voyage ici. Manque de chance : le bus se remplit d’autres Lillois prêts à venir découvrir la capitale.
picture of Cedric saying us goodbye

Cédric nous quitte à Lille

Arrivée à Paris

Cédric nous fait signe de la main ; les adieux auraient été émouvants, si Benoît et moi ne nous étions pas endormis aussitôt, terrassés par le sommeil … nous ne garderons pas vraiment de grands souvenirs du trajet entre Lille et Paris, puisque pour la première fois de la nuit, nous avons enchaîné plus de deux heures de sommeil. Lorsque nous ouvrons les yeux, nous sommes coincés dans les embouteillages. Pas de doute, nous sommes bien de retour à Paris. À 9 h 50, nous entrons tout juste dans Paris intra-muros. Nous arriverons avec une quarantaine de minutes de retard à Paris Bercy, mais contrairement au ferroviaire, aucune compensation n’est à attendre en cas d’une arrivée plus tard que prévu.

OUIBUS ou Eurostar : que prendre pour fuir le Brexit ?

L’heure du bilan est arrivée. Dans le métro qui nous mène de Bercy aux locaux de Captain Train, nous établissons un rapide comparatif des deux offres que nous proposons pour traverser la manche : le tarif du car est imbattable, mais les inconvénients qu’il apporte ne sont pas à prendre à la légère. Bien que nous n’ayons que peu dormi, le voyage peut être reposant si l’on s’organise correctement et si l’on a le sommeil facile. Le car est un choix plus low cost : le wifi fonctionne bien moins correctement, les toilettes ne restent pas propres durant tout le voyage, et il est difficile d’y dormir (dans le car, tout comme dans les toilettes). Les OUIBUS n’en restent pas moins confortables. La durée du voyage ajoute qui plus est une convivialité inégalable : nous avons bien plus ri dans le OUIBUS que dans l’Eurostar.
France football team in a bus, back in 2010.

L’équipe de France de 2010 : tellement bien dans le bus qu’il n’en sont pas descendus.

En conclusion, si vous êtes prêt à troquer le ballast contre l’asphalte, quitte à allonger la durée du trajet, alors le car peut vous convenir pour vous rendre au Royaume-Uni, ou pour en revenir. Nous avons remarqué que nombreux sont nos clients à effectuer l’aller en Eurostar et le retour en OUIBUS, c’est peut être la solution pour ne pas être trop éprouvé par le bus sans trop débourser… Finalement, le seul moment désagréable, c’est le passage du Shuttle. Il paraîtrait que parfois le OUIBUS prend le ferry… nous n’irons pas vérifier. La prochaine fois de notre côté, c’est décidé, nous prendrons l’Eurostar au retour, parce que le sommeil entre deux jours de travail, c’est pas mal non plus.

13 commentaires

Hahahahahahaha 🙂 (c’est mérité) Merci Florian !
De mon côté, après avoir testé Lyon – Calais en OUIBUS, j’ai encore du mal à me décider si je préfère le train ou le bus. En tout cas, c’est clair qu’il faut bien s’organiser pour dormir !

par Benjamin, le 3 septembre 2016 à 15h05. Répondre #

Merci pour votre compliment. Le choix est en effet parfois difficile: le train et l’autocar ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. Nous sommes heureux de pouvoir vous laisser choisir par vous même.

par Florian Brun, le 5 septembre 2016 à 15h55. Répondre #

Le bus peut prendre le ferry, oui. Ça m’est arrivé là seule fois où j’ai tenté l’expérience. Et c’est peut être pire que le Shuttle. Car il est interdit de rester dans le bus, donc impossible de dormir. Le ferry était plein de mômes braillards et enragés (vive les colonnies de vacances ! Merci papa merci maman !) Non vraiment, je crois que je préfère une bonne fournaise

par Maxime, le 3 septembre 2016 à 15h33. Répondre #

Merci pour ce retour d’expérience. Le ferry ne semble effectivement pas être la meilleure solution pour passer une bonne nuit. Mais si ça occupe les enfants, c’est peut être un bon plan pour les parents 😀

par Florian Brun, le 5 septembre 2016 à 16h00. Répondre #

Je n’ai pas encore pris le OUIBUS ni l’Eurostar mais je compte les tester dès que j’en aurai l’occasion 🙂
En tout cas merci pour ces tests, divertissants comme d’habitude 😉

par Lilian, le 3 septembre 2016 à 15h35. Répondre #

N’hésitez pas à les tester, c’est le moment d’aller à Londres, les prix y ont baissé dernièrement. 😉 Merci à vous de nous lire et de nous faire confiance pour l’achat de vos billets de train.

par Florian Brun, le 5 septembre 2016 à 16h02. Répondre #

« Nous n’avons pas réservé nos billets en même temps, et n’avons donc pas obtenu de places côtes à côtes. » : je suis d’accord, il y a quelque chose à faire ! En réservant sur le site Eurostar, on peut modifier ses places sur leur site jusqu’au jour du départ. Avec une réservation Captain Train, non. 🙁

par Nico, le 3 septembre 2016 à 20h13. Répondre #

Malheureusement, ce genre d’amélioration ne dépend pas forcément que de nous. Mais nous notons précieusement votre remarque. 🙂

par Florian Brun, le 5 septembre 2016 à 16h07. Répondre #

Bizarre cette fournaise… lorsque j’avais pris le Shuttle en car, je n’ai pas le souvenir d’avoir eu trop chaud (bon, c’était en Janvier, mais la température dans le tunnel est constante : la navette ne se rafraîchit qu’aux arrêts, soit quand même une bonne moitié du temps).
Donc une information bonne à savoir : éviter le Shuttle en été 😉
(et se méfier de l’eurostar en hiver, parfois il n’aime pas le changement brutal de température)

par Jojo, le 3 septembre 2016 à 21h52. Répondre #

Il est à noter qu’il ne s’agit que de l’expérience que nous avons vécue.
Cette chaleur était surtout due, je pense, au temps passé dans le shuttle (peut être plus long que prévu, ce qui expliquerait en partie notre retard) et au nombre de personnes à bord (il ne restait presque pas de places libres à bord).
Quoi qu’il en soit, le retour de la climatisation a été apprécié lors du redémarrage de l’autocar. 😀

par Florian Brun, le 5 septembre 2016 à 16h13. Répondre #

J’ai en effet testé Paris-Londre avec OuiBus et c’était juste une magnifique expérience !

par Sogema, le 21 février 2017 à 0h47. Répondre #

Bonjour, votre article est très intéressant
Je compte partir un Londres en mai et j’avais pensé à prendre l’avion à l’aller le samedi et le dimanche soir dormir à l’aéroport de luton car le retour se fait à 6h du matin le lundi matin
Ensuite je me suis dit que peut être prendre le ouibus sur le retour pourrait être une solution plutôt que d’être dans les courants d’air à l’aéroport
Qu’en pensez-vous?

par Nicoleau anais, le 10 mars 2017 à 8h15. Répondre #

Bonjour Anaïs, et merci pour votre commentaire ! En effet, dans votre cas, le OUIBUS peut être une bonne solution, bien plus confortable que l’aéroport. Et notez que vous arriverez en centre-ville, donc finalement vous gagnerez certainement du temps sur votre voyage.

par Margaux Souvignet, le 17 mars 2017 à 10h26. Répondre #

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